Brexit: les forces en présence au Parlement britannique

Londres – Les députés britanniques se prononcent jeudi sur un report du Brexit, la Première ministre Theresa May leur promettant qu’il sera court s’ils adoptent l’accord de retrait qu’elle a négocié avec l’Union européenne mais qu’ils ont déjà rejeté deux fois. En janvier, cet accord avait été rejeté par 432 députés britanniques sur 634 votants.Voici un aperçu des forces en présence à la Chambre des communes:

–  Les Conservateurs

Le 15 janvier, 196 députés tories avaient voté en faveur de l’accord de divorce, et devraient renouveler leur soutien au texte. Mais l’incertitude demeure pour les 118 Tories, eurosceptiques ou europhiles, qui l’avaient rejeté.

Pour les eurosceptiques, le principal point de blocage demeure « le backstop » (ou filet de sécurité), qui prévoit en dernier recours le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE et un alignement plus poussé de l’Irlande du Nord sur les normes européennes. Ils refusent cette disposition qui empêche, selon eux, de couper les liens avec les 27.

Parmi les plus intransigeants figurent les membres de l’European Research Group (ERG), qui regroupe 60 à 85 députés emmenés par Jacob Rees-Mogg. Une sortie sans accord ne leur fait pas peur.

A l’opposé, une poignée de députés conservateurs ayant fait campagne contre le Brexit lors du référendum du 23 juin 2016 restent fermement opposés à celui-ci, et défendent l’organisation d’un second référendum.

– Le DUP

Le petit parti nord-irlandais ultra-conservateur, allié des Tories, offre à Theresa May une courte majorité absolue au Parlement. Pro-Brexit, ses 10 députés avaient tous rejeté l’accord en janvier, refusant le « filet de sécurité » qui remet en cause selon eux l’intégrité économique et politique du Royaume-Uni.

« Nous analyserons très très attentivement » les changements annoncés par Mme May, a déclaré l’un d’entre eux, Nigel Dodds.

– Le Labour

La plupart des 245 députés travaillistes sont pro-UE. Dans leur écrasante majorité, il avaient suivi la ligne du parti et voté contre l’accord en janvier. Seuls trois d’entre eux l’avaient soutenu.

Depuis, le chef du parti, Jeremy Corbyn a fait évoluer sa position et annoncé qu’il soutenait désormais l’organisation d’un second référendum.

Mais une partie des députés travaillistes, élus de circonscriptions qui ont voté pour le Brexit, est très réticente à cette idée. Le gouvernement espère convaincre certains d’entre eux de s’opposer à la consigne de vote du parti et de soutenir la nouvelle version de l’accord, afin de garantir la concrétisation du Brexit.

– Le SNP

Troisième force au parlement, le Parti national écossais compte 35 députés favorables à l’UE, qui s’étaient tous opposés à l’accord de divorce en janvier.

Le SNP souhaite que le Royaume-Uni, ou l’Écosse au minimum, reste dans le marché unique et l’union douanière. Faute de quoi la cheffe du SNP et Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a promis d’organiser un autre référendum sur l’indépendance de l’Écosse.

– Les Libéraux-démocrates

Europhiles, les 11 députés « lib dem » sont farouchement opposés au Brexit, et s’étaient opposés à l’accord de divorce initial. Ils veulent un second référendum pour donner aux Britanniques le dernier mot.

– Le Groupe indépendant

Ce groupe s’est constitué en février, sous l’impulsion d’ex-députés travaillistes europhiles, mécontents du positionnement du Labour sur le dossier du Brexit, et démissionnaires de leur parti.

Ils ont rapidement été rejoints par trois ex-députés conservateurs. Désormais onze, ils défendent l’organisation d’un second référendum. Tous avaient rejeté la version initiale de l’accord de Brexit.