Brexit: les scénarios

Londres – Après le rejet voté de justesse le 13 mars par les députés britanniques d’une sortie de l’Union européenne sans accord, voici les scénarios envisageables, à 15 jours de la date théorique du Brexit:

L’accord de May, encore

La Première ministre Theresa May soumettra jeudi aux députés une motion proposant d’organiser d’ici le 20 mars un nouveau vote sur l’accord de divorce conclu avec l’UE, même s’il a été massivement rejeté deux fois.

Face à un report du Brexit ou à l’éventuelle organisation d’un autre référendum qui annulerait le Brexit, les défenseurs d’une sortie de l’UE pourraient changer d’avis et considérer ce traité comme l’unique voie sûre pour réellement quitter l’UE.

Brexit reporté

La motion du gouvernement évoque deux reports possibles. Le premier pendrait effet si un accord est finalement adopté. D’ordre technique, il s’achèverait le 30 juin.

En l’absence d’accord, le second report proposé, plus long, exigerait du Royaume-Uni qu’il prenne part aux élections européennes du 23 au 26 mai.

Mais toute prolongation devra être dûment justifiée, ont prévenu les 27 pays de l’UE, qui devront l’approuver à l’unanimité.

Seront-ils alors prêts à rediscuter un nouvel accord de divorce? Rien n’est moins sûr. « Il n’y aura pas de troisième chance », a lancé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

« La grande crainte des dirigeants des 27, c’est d’approuver une prolongation qui au final ne servirait qu’à repousser juste avant l’été le Brexit dur », sans accord de sortie, selon un haut responsable européen.

Et si un report de longue durée devait être demandé, supérieur à quelques semaines, « il faudrait qu’il y ait une vraie justification comme l’organisation d’élections, d’un référendum ou un changement de la position britannique », ajoute-t-il.

Brexit sans accord

Même si le Parlement l’a rejeté mercredi, le Brexit sans accord reste une option par défaut, si aucun autre terrain d’entente n’est trouvé.

En cas de « no deal », le Royaume-Uni mettrait fin, du jour au lendemain, à 46 ans d’appartenance à l’UE, quittant le marché unique et l’union douanière sans période de transition.

Ce scénario redouté par les milieux économiques causerait d’importantes perturbations dans les échanges entre le Royaume-Uni et l’UE. De nombreux députés s’élèvent contre une telle issue, mais certains fervents défenseurs du Brexit jugent qu' »une absence d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord ».

Pour atténuer une rupture brutale, le gouvernement a annoncé mercredi qu’il supprimerait temporairement les droits de douane sur 87% des importations.

Second référendum ou élections législatives

L’option d’un second référendum est réclamée par quelques dizaines de parlementaires europhiles. Le chef de l’opposition, le travailliste Jeremy Corbyn, lui a récemment apporté son soutien, mais du bout des lèvres.

Theresa May refuse d’envisager une nouvelle consultation des Britanniques, ce qui signifie qu’il faudrait un report du Brexit couplé à un changement de gouvernement ou à de nouvelles élections pour qu’elle ait lieu.