Trois hommes, deux femmes, les nouveaux visages de l’UE

Bruxelles – Deux femmes, deux hommes, originaires pour trois d’entre eux de pays fondateurs de l’UE, ont été choisis mardi 2 juillet lors d’un sommet européen à Bruxelles pour les nouveaux postes clés de l’Europe. Un socialiste italien David Sassoli a été élu mercredi à la présidence du parlement européen pour deux ans et demi.

– Ursula von der Leyen

A la présidence de la Commission, l’Allemande Ursula von der Leyen, 60 ans, mère de sept enfants. Proche de la chancelière Angela Merkel, dont elle fut un temps désignée comme la dauphine potentielle, Ursula von der Leyen est francophile, appréciée par Paris, notamment en raison  d’une bonne coopération sur les questions de défense franco-allemande. Son bilan au ministère de la Défense, qu’elle occupe depuis près de six ans, est néanmoins controversé.

Fille d’un baron de la politique régionale allemande, Ernst Albrecht, elle s’est lancée en politique en 2002, pour un mandat local dans la région de Hanovre. Trois ans plus tard elle était ministre du Travail.

Médecin de formation, elle est la « mère » du salaire parental dont peuvent bénéficier les Allemands pendant les 14 mois suivant une naissance.

– Charles Michel

A la présidence du Conseil européen, Charles Michel, actuel Premier ministre belge de 43 ans, est un libéral francophone, qui a rapidement gravi les échelons, après une arrivée précoce en politique dans l’ombre de son père, l’ex-commissaire européen Louis Michel. Bon néerlandophone, il a accepté il y a cinq ans de gouverner en coalition avec la N-VA (nationalistes flamands) un parti qui prône dans ses statuts l’indépendance de la Flandre.

Adepte du compromis, il a réussi à diriger cet attelage pendant plus de quatre ans, mais sa coalition quadripartite (incluant aussi libéraux et démocrates-chrétiens flamands) s’est effondrée en décembre 2018, quand la N-VA a refusé d’être associée au soutien du pacte de l’ONU sur les migrations.

Aux législatives du 26 mai, scrutin organisé en même temps que les européennes, les partis belges traditionnels, libéraux y compris, ont été sanctionnés, tandis que progressent les extrêmes.

Il est proche du président français Emmanuel Macron, du Luxembourgeois Xavier Bettel et du Néerlandais Mark Rutte.

– Josep Borrell

Au poste de chef de la diplomatie européenne, le socialiste espagnol Josep Borrell, 72 ans, est un Catalan fermement anti-indépendantiste. Peu adepte de la langue de bois, Borrell a été très actif ces derniers mois sur le dossier vénézuélien et s’est montré régulièrement critique de l’administration Trump.

– Christine Lagarde

Pour la présidence de la BCE, la Française Christine Lagarde, 63 ans.

Ancienne championne de natation synchronisée, cette avocate, devenue banquière, qui parle anglais à la perfection, a déjà brisé des plafonds de verre: première femme à diriger une grande firme américaine d’avocats, Baker McKenzie ; première femme ministre des Finances en France (2007-2011) sous la présidence de Nicolas Sarkozy ; première femme, en 2011, à diriger le FMI, succédant à Dominique Strauss-Kahn, emporté par un scandale sexuel.

Le magazine Forbes l’avait consacrée en 2018 troisième femme la plus puissante au monde.

En tant que directrice générale du FMI, elle a plaidé pour l’orthodoxie financière aux quatre coins du globe, et spécialement en Grèce.

Mais elle a aussi mis davantage en avant les problématiques sociales, évoquant sans ambages les inégalités aux Etats-Unis ou la nécessité de maintenir des dépenses sociales dans les plans de réformes économiques en Argentine par exemple.

Son CV exemplaire est seulement entaché par une décision de la justice française qui l’a déclaré coupable en décembre 2016 d’une « négligence » très coûteuse pour les deniers publics quand elle était ministre, dans un dossier mêlant l’homme d’affaires Bernard Tapie et la débâcle du Crédit lyonnais.

– David Sassoli

L’Italien David Sassoli a été élu parlement parlement européen

C’est un ancien journaliste de la chaîne publique de radio-télévision RAI, qui a monté rapidement les échelons jusqu’à devenir le visage familier de millions d’Italiens quand il présentait le journal télévisé du soir.

En 2009, il entame une nouvelle carrière d’eurodéputé sous les couleurs du centre gauche.

Réélu en 2014, il devient vice-président du Parlement en charge du budget et de la politique euro-méditerranéenne.

Il revendique également la paternité de « la plus importante réforme ferroviaire » de l’Union européenne — la loi européenne Sassoli-Dijksma — qui a été adoptée en 20

 Agé de 63 ans, il était le candidat des sociaux-démocrates, deuxième famille du Parlement, pour succéder à un autre Italien, Antonio Tajani, un proche de Silvio Berlusconi issu pour sa part du PPE (droite).