L’affaire des œufs contaminés : ce que l’on sait

Des millions d’œufs ont été contaminés au fipronil, insecticide dont l’usage sur les animaux destinés à la consommation est pourtant interdit.

Voici ce que l’on sait de ce scandale qui touche désormais quinze pays de l’Union européenne, ainsi que la Suisse et Hong Kong.

 

Quelle est l’origine du scandale ?

L’affaire éclate au grand jour le 1er août lorsque La Haye annonce publiquement qu’une substance toxique, le fipronil, a été détectée dans des centaines de milliers d’oeufs et que des dizaines d’élevages de volaille sont bloqués.

La Belgique, également concernée, révèle de son côté que son agence sanitaire a mené une enquête, en toute discrétion, après avoir été alertée début juin par un exploitant.

Cette dernière a établi un lien avec une firme néerlandaise, qui a reconditionné un produit supposé naturel pour désinfecter les poulaillers contre le pou rouge.

Selon les médias belges et néerlandais, cette société, ChickFriend, a acheté son désinfectant à une autre entreprise dans le nord de la Belgique, Poultry-Vision.

La Belgique sera la première à avertir l’UE d’un danger sanitaire, le 20 juillet, suivie par les Pays-Bas et l’Allemagne.

La Haye a reconnu jeudi 10 août avoir été alerté par une source anonyme de la présence de fipronil dans un élevage de poules dès novembre 2016.

 

Quels sont les pays touchés ?

Dix-sept pays sont pour l’instant touchés, dont quinze pays de l’Union européenne ainsi que la Suisse et Hong Kong, selon la Commission européenne.

En Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France, des exploitations identifiées comme ayant eu recours au produit incriminé ont été bloquées.

La Suède, le Royaume-Uni, l’Autriche, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, le Danemark et la Suisse ont pour leur part reçu des lots issus des fermes concernées.

Hong Kong a indiqué avoir trouvé des oeufs néerlandais contaminés.

Il est apparu vendredi que des oeufs contaminés ont déjà été consommés, soit directement soit sous forme de produits transformés.

 

Qu’est-ce que le fipronil ?

Le fipronil, considéré par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme « modérément toxique » pour l’homme, est dangereux pour les reins, le foie et la thyroïde s’il est absorbé en grande quantité.

Les faibles concentrations mesurées dans les oeufs contaminés rendent toutefois le risque d’empoisonnement très faible.

L’utilisation du fipronil est interdite sur les animaux destinés à la chaîne alimentaire dans l’UE, mais reste courante dans de nombreux produits antiparasitaires pour animaux de compagnie et dans des produits à usage domestique, comme les anti-termites ou les anti-fourmis.

 

Quelles sont les mesures prises ?

En Allemagne, aux Pays-Bas, et dans une moindre mesure en Belgique, les supermarchés concernés par des lots contaminés ont vidé leurs rayons de plusieurs millions d’oeufs.

Des produits transformés ayant comme ingrédient des oeufs suspects, comme de la mayonnaise, ont également été retirés.

Certains producteurs d’oeufs bio sont concernés après avoir eu recours au désinfectant mis en cause, présenté comme naturel.

Les autorités sanitaires nationales imposent aux producteurs de faire détruire les oeufs contaminés par une entreprise spécialisée et ont bloqué toutes les ventes des fournisseurs potentiellement touchés.

 

Où en est l’enquête ?

Deux enquêtes distinctes ont été ouvertes en Belgique et aux Pays-Bas pour retracer les circuits de commercialisation des lots contaminés.

Plusieurs perquisitions ont été menées le 10 août lors d’une opération concertée dans les deux pays, aboutissant à l’arrestation aux Pays-Bas de deux dirigeants d’une des entreprises incriminées, ChickFriend selon les médias néerlandais.

Les premières perquisitions ont été menées en Belgique en juillet, chez la société identifiée comme Poultry-Vision par les médias belges, dont un dirigeant a été entendu.

Une enquête a également été ouverte en Basse-Saxe (ouest de l’Allemagne).