La morosité devrait persister dans la zone euro, selon Bruxelles

Bruxelles – La Commission européenne a revu le 7 novembre à la baisse ses prévisions de croissance pour 2019 et 2020, en raison d’un environnement extérieur « beaucoup moins favorable » et anticipe pour l’UE « une période prolongée de moindre croissance et de très faible inflation ».

Bruxelles prévoit désormais une croissance de 1,1% du PIB en 2019, contre 1,2% lors de ses prévisions d’été, puis 1,2% en 2020, contre 1,4% précédemment. En 2021, la croissance devrait aussi atteindre 1,2%.

« L’économie européenne a résisté malgré un contexte extérieur moins favorable », a souligné le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis.

« Nous pourrions toutefois rencontrer des difficultés à l’avenir: une période de grande incertitude liée aux conflits commerciaux, à l’accentuation des tensions géopolitiques, à la faiblesse persistante du secteur manufacturier et au Brexit », a-t-il ajouté.

Autant de menaces qui, combinées à un éventuel « ralentissement plus brutal que prévu en Chine », font peser un risque de révision à la baisse de ces prévisions, souligne Bruxelles.

Dans le contexte d’une croissance mondiale « vouée à rester atone », la Commission considère que l’activité en Europe dépendra de « la vigueur des secteurs plus particulièrement tournés vers le marché intérieur ».

Pour cela, elle invite comme à l’accoutumée les Etats membres qui le peuvent, à mettre en place des mesures budgétaires de soutien, un appel à peine voilé à l’Allemagne ou encore aux Pays-Bas, rares membres de la zone euro à bénéficier d’une telle capacité.

Mais l’Allemagne est aujourd’hui particulièrement touchée par la contraction du secteur manufacturier en raison de la part élevée de l’industrie dans son économie et ses exportations.

Et sa croissance reste, en conséquence, plus faible que la moyenne de la zone euro: 0,4% en 2019, puis 1,0% en 2020 et 2021.

« Chemin difficile »

Les pays sans marge budgétaire sont eux invités par M. Dombrovskis « à mener des politiques budgétaires prudentes et à ramener leur niveau d’endettement sur une trajectoire descendante ».

Parmi eux, l’Italie inquiète particulièrement, car sa dette déjà importante en 2019 (136,2% du PIB) devrait, selon Bruxelles, augmenter en 2020 (136,8%) et 2021 (137,4%). Ces chiffres sont plus élevés que ceux des dernières prévisions de la Commission au printemps.

« Il n’y a pas de place pour la complaisance face au chemin difficile que nous avons à parcourir », a estimé le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici.

L’inflation devrait rester faible, aux alentours de 1,2%, au cours des prochaines années, bien loin de l’objectif de 2% de la Banque centrale européenne (BCE), qui devrait poursuivre sa politique monétaire accommodante.

Au rayon des nouvelles positives, le taux de chômage a atteint en Europe son niveau le plus bas « depuis le début du siècle », souligne la Commission.

Il devrait passer dans la zone euro de 7,6% cette année, à 7,4% en 2020 et 7,3% en 2021. Dans l’UE, il s’établira à 6,2% au cours des deux prochaines années.

En dehors de l’Italie et, dans une moindre mesure, de la Belgique et de la France (près de 100% du PIB), les niveaux de dette publique devraient continuer à baisser pour la cinquième année consécutive.

Par Clément Zampa