Elections européennes: cinq résultats à surveiller

Bruxelles – Cinq enjeux de la consultation qui a lieu de jeudi à dimanche à travers le continent européen:

Une vague populiste?

Une vaste coalition de forces populistes et d’eurosceptiques espère se frayer un chemin jusqu’au Parlement pour entraver le processus d’intégration européenne.

Des responsables à Bruxelles redoutent qu’ils puissent s’emparer de 200 des 751 sièges, motivés par leurs deux moteurs d’extrême-droite, la Ligue de l’Italien Matteo Salvini et le Rassemblement national (RN) de la Française Marine Le Pen.

Les observateurs doutent cependant de la capacité des populistes à former une véritable coalition, alors qu’en face, le bloc centriste pourrait faire place à des élus libéraux et écolo pour élargir leur groupe et contenir la menace.

Une participation en réelle baisse?

Lors de la première élection du Parlement européen en 1979, 62% des électeurs inscrits dans les neuf Etats membres de l’époque avaient pris part au scrutin.

Depuis, les chiffres de participation au sein de l’UE élargie à 28 Etats n’ont cessé de baisser, régulièrement tous les cinq ans, tombant à 42% lors de la dernière consultation en 2014.

Des leaders comme Emmanuel Macron en France ou le Premier ministre néerlandais Mark Rutte ont pressé les électeurs de se rendre aux urnes pour contrer la poussée des eurosceptiques.

Mais un faible taux de participation serait perçu par beaucoup comme une nouvelle preuve du divorce croissant entre Bruxelles et les vraies préoccupations de la population.

Qui choisira le patron?

Certains chefs d’Etat et de gouvernement des 28 renâclent à l’idée de céder au Parlement le choix du patron de la Commission européenne, qui leur revient jusqu’à présent.

Si le bloc de centre-droit PPE devait émerger avec un nombreux important de voix, il renforcerait la position de son candidat, le conservateur bavarois Manfred Weber.

La chancelière allemande Angela Merkel a promis de soutenir son allié auprès de ses pairs lors du sommet spécial du 28 mai à Bruxelles, quand ils se réuniront pour discuter des principaux postes européens.

Mais une faible participation ou un résultat moins clair donnerait des gages à ceux qui, comme MM. Macron ou Rutte, s’opposent à la nomination du « spitzenkandidat » — la désignation naturelle du chef du groupe arrivé en tête.

Le dernier souffle des Britanniques?

Depuis le dernier scrutin européen en date, en 2014, les Britanniques ont décidé de quitter l’UE, aussi l’élection de cette semaine devrait être la dernière pour leurs partis.

Le Brexit lui-même a été retardé et son principal défenseur, Nigel Farage, devrait en tirer bénéfice.

Selon les médias britaniques, la Premier Ministre Teresa May devrait démissionner de la présidence du Parti conservateur vendredi et céder la place à un successeur eurosceptique avant la date butoir du 31 octobre.

Ces derniers développements et le résultat des pro-Européens devraient peser sur les débats dans les autres capitales de l’UE concernant l’accord et un éventuel nouveau report du Brexit.

Une dose de Vert?

Inspirés par la militante suédoise de 16 ans Greta Thunberg, des centaines de milliers de jeunes Européens sont descendus dans les rues ces derniers mois pour réclamer une action déterminée en faveur du climat.

Grèves de l’école, désobéissance civile et défilés de masse sont parvenus à porter le débat sur le devant de la scène européenne. Reste à voir si ce mouvement se traduira dans les urnes par davantage de voix en faveur des partis écologistes.

Sans doute peu de chance au niveau du continent: les lycéens sont généralement trop jeunes pour voter et la mobilisation s’est plus ou moins bien organisée d’un pays à l’autre.

Selon les sondages, le groupe « Vert » devrait conserver son niveau actuel d’une cinquantaine de sièges sur les 751. Mais il pourrait se retrouver à jouer les faiseurs de roi si les deux partis centristes manquent de majorité.