Vote sur l’accord de Brexit: les forces en présence au Parlement britannique

Les députés britanniques sont plus que divisés sur l’accord de Brexit conclu par la Première ministre conservatrice Theresa May avec l’Union européenne.

Voici un aperçu des forces en présence à la chambre des Communes, qui compte 650 députés:

– Les pour

Les « fidèles » de Theresa May:

La majorité des 317 députés conservateurs devrait soutenir le plan de la Première ministre. Pragmatiques, il s’agit soit de députés pro-Brexit ou europhiles modérés dont la plus grande crainte est de sortir de l’UE sans accord du tout.

Les électrons libres:

Bien que le Parti libéral-démocrate figure parmi les plus europhiles, l’un de ses députés, Stephen Lloyd, a rompu avec la ligne du parti en s’engageant à défendre l’accord de Brexit négocié par Mme May.

Plusieurs députés travaillistes comme Caroline Flint ou Kevin Barron, élus dans des circonscriptions ayant voté pour le Brexit, ont aussi annoncé qu’ils voteraient pour l’accord afin d’éviter le risque d’une sortie de l’UE sans accord.

– Les contre

L’European Research Group (ERG):

Cette alliance de députés conservateurs europhobes est farouchement opposée à l’accord. Composée de 60 à 85 députés, l’ERG est présidée par Jacob Rees-Mogg et compte les anciens ministres Boris Johnson et David Davis.

Ils sont favorables à un accord de libre-échange sur le modèle canadien voire à un départ brutal de l’UE, sans accord avec les 27.

En décembre, ils ont tenté de renverser Theresa May, sans succès.

Le Parti travailliste:

La plupart des 257 députés travaillistes sont pro-européens et s’opposeront, conformément à la ligne du parti, à l’accord négocié par la Première ministre. Ils comptent ensuite proposer une motion de censure afin de déclencher des élections législatives anticipées. Si cette motion de censure échoue, le Labour envisage de soutenir un second référendum.

Le parti plaide pour un maintien dans l’union douanière européenne, qui abolit les droits de douane entre pays membres et établit une politique commerciale commune vis-à-vis de pays tiers. S’il accède au pouvoir à la faveur d’élections législatives anticipées, il entend négocier un nouvel accord avec l’UE.

Le SNP:

Les 35 députés du parti national écossais (SNP) forment le troisième plus grand groupe de députés après les conservateurs au pouvoir et l’opposition travailliste. Ils sont résolument favorables à l’UE et contre l’accord de Brexit.

Le parti veut que le Royaume-Uni, ou tout au moins l’Écosse, reste dans le marché unique et l’union douanière. Faute de quoi la cheffe du SNP et Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a promis d’organiser un autre référendum sur l’indépendance de l’Écosse.

Le DUP:

Le petit parti nord-irlandais ultra-conservateur, dont les 10 députés offrent à Theresa May une courte majorité absolue au Parlement, est pro-Brexit et s’oppose au projet d’accord, qui selon lui remet en cause l’intégrité économique et politique du Royaume-Uni.

En cause, la solution dite de « backstop » (filet de sécurité), destinée à éviter une frontière terrestre entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande après le Brexit, en prévoyant un alignement réglementaire de la province britannique sur l’UE, ce qui lui conférerait un statut spécial.

Malgré d’ultimes assurances des dirigeants de l’UE que, tout comme le Royaume-Uni, l’UE ne souhaite pas l’entrée en vigueur de cette solution de dernier recours, le DUP reste farouchement opposé au texte.

Les conservateurs pro-UE:

Une douzaine de députés conservateurs ont fait campagne contre le Brexit lors du référendum du 23 juin 2016 et restent fermement opposés à celui-ci, défendant l’organisation d’un second référendum.

Ils ont exclu de soutenir l’accord négocié par Theresa May. Parmi eux, les ex-ministres Justine Greening et Jo Johnson, ainsi que les députés Anna Soubry et Dominic Grieve.

– Les incertains

Les travaillistes pro-Brexit:

Un petit groupe de députés du Labour ont défendu le Brexit, à contrepied de la ligne du parti. Ils pourraient soutenir l’accord de Brexit au Parlement, sauf s’ils préfèrent soutenir un départ de l’UE sans accord.