Un “Parti du Brexit” voit le jour au Royaume-Uni, soutenu par Nigel Farage

Londres – Un nouveau “Parti du Brexit” (“Brexit Party”) a vu le jour au Royaume-Uni, a annoncé la Commission électorale britannique le 8 février.

Il est soutenu par l’eurodéputé Nigel Farage, fervent partisan d’une rupture sans concession d’avec l’UE et figure clé de la campagne référendaire sur le Brexit en 2016.

Cette reconnaissance signifie que le “Brexit Party” peut participer aux élections au Royaume-Uni, notamment celle du Parlement européen en mai, qui pourraient se tenir aussi outre-Manche si le Brexit est reporté au-delà de la date du 29 mars.

“Le parti a été fondé avec mon plein soutien et avec l’intention de prendre part aux élections européennes du 23 mai si le Brexit n’a pas été mis en oeuvre d’ici là”, a expliqué Nigel Farage dans le quotidien The Daily Telegraph, précisant qu’il se présenterait dans ce cas à ce scrutin.

Il a ajouté que le nouveau parti avait reçu “des centaines de candidatures” d’autres aspirants candidats, ainsi que d'”importantes” promesses de financement.

“La machine est en marche”, a ajouté M. Farage.

Le nouveau parti “a été enregistré le 5 février”, a indiqué un porte-parole de la Commission électorale à l’AFP. Il est dirigé par Catherine Blaiklock, une ancienne responsable du parti europhobe et anti-immigration Ukip. Elle a dit au Telegraph s’attendre à ce que des “milliers” de membres du Parti conservateur au pouvoir fassent défection pour rejoindre sa formation.

En décembre dernier, Nigel Farage avait quitté l’Ukip, qu’il avait fondé et dirigé pendant près de dix ans, jugeant que celui-ci ne pourrait mener le Royaume-Uni vers la sortie de l’UE.

Il en avait abandonné la direction en juillet 2016, après le référendum, estimant avoir atteint son objectif politique après le vote en faveur du Brexit, soutenu par 52% des Britanniques. Depuis, l’Ukip peine à se trouver une raison d’être, affaibli par l’absence d’un leadership fort, des luttes internes et des difficultés financières.

En août 2018, Nigel Farage avait été nommé vice-président du mouvement pour le Brexit Leave Means Leave, avec lequel il s’est dit déterminé à relancer la bataille pour obtenir une rupture nette avec l’Union européenne.

Depuis le rejet massif par les députés britanniques de l’accord de divorce en janvier, la Première ministre Theresa May tente de renégocier le texte avec l’UE, malgré la ferme opposition des dirigeants européens, afin de rallier une majorité parlementaire.

En cas d’échec, le Royaume-Uni pourrait sortir de l’UE sans accord. Le scénario d’un report du Brexit est également de plus en plus évoqué comme une possibilité.