Succession de Merkel: les candidats déclarés et attendus

Berlin – Fidèles ou rebelles, les candidats pour succéder à Angela Merkel à la présidence de son parti (CDU), strapontin vers la chancellerie allemande, ne manquent pas. Tour d’horizon des principaux prétendants déclarés et attendus.

‘AKK’ – la dauphine

Surnommée la « Merkel de la Sarre », région la plus petite d’Allemagne dont elle est originaire, Annegret Kramp-Karrenbauer, 56 ans, fait figure de fidèle de la chancelière avec laquelle elle partage une ligne politique plutôt centriste.

Mme Merkel l’a d’ailleurs désignée en février secrétaire générale du parti, ce qui avait été interprété comme un coup de pouce tant le poste est stratégique dans le parti chrétien-démocrate (CDU).

Celle qui est désignée partout dans la presse par ses initiales, « AKK », peut aussi constituer un pont vers la droite du parti.

Catholique, elle affiche des positions plus conservatrices qu’Angela Merkel sur les questions de société comme l’avortement ou le mariage pour tous. Elle avait aussi émis des critiques mesurées sur l’ouverture par la chancelière des frontières allemandes à des centaines de milliers de demandeurs d’asile en 2015.

Jens Spahn – le frondeur

A 38 ans, Jens Spahn se positionne comme « l’anti-Merkel ». Devenu ministre de la Santé au printemps pour satisfaire la droite dure de la CDU, il n’a de cesse de critiquer la ligne de la chancelière qui aurait, selon lui, rendu la CDU « sociale-démocrate ». Il réclame un virage conservateur, notamment sur les questions identitaires et d’immigration.

Il ne cache pas sa proximité idéologique et générationnelle avec le jeune chancelier autrichien Sebastian Kurz, qui gouverne avec l’extrême droite.

Jens Spahn affiche aussi sa proximité avec l’ambassadeur américain en Allemagne Richard Grenell, un proche de Donald Trump. Ils ont notamment fait sensation en Allemagne en diffusant une photo très détendue avec leurs maris respectifs.

Armin Laschet – le compromis

Il peut être le bon compromis. Car le président de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie a pour lui d’être un gagnant, après avoir arraché en 2017 cette région industrielle et la plus peuplée d’Allemagne aux sociaux-démocrates.

Il y gouverne avec les Libéraux du FDP, allié traditionnel de la CDU mais avec qui Mme Merkel est brouillée. Le chef de ce parti, Christian Lindner, a même estimé que M. Laschet « a ce qu’il faut pour devenir chancelier », un compliment après une carrière longtemps cantonnée aux seconds rôles.

Armin Laschet jouit parallèlement à 57 ans d’une image dépassionnée et d’homme loyal à la chancelière, refusant une « dérive à droite » des chrétiens-démocrates. De quoi rassurer les tenants du centrisme à la CDU.

Friedrich Merz – le revanchard

Friedrich Merz, 62 ans, n’a jamais pardonné à la chancelière de l’avoir écarté en 2002 de ses fonctions de chef des députés conservateurs au Bundestag.

Quelques années plus tard, mis au ban du parti, il quitte la politique active pour travailler dans le privé comme avocat, avant de prendre la tête du conseil de surveillance de l’énorme filiale allemande de Blackrock, gestionnaire d’actifs.

Il a continué néanmoins à apparaître régulièrement dans le débat public. Économiquement néo-libéral, il a critiqué à plusieurs reprises le virage « trop à gauche » pris par la chancelière Angela Merkel.