Bruxelles – Les dirigeants européens ont choisi, mardi 4 juillet lors du sommet de Bruxelles, quatre personnalités pour occuper les plus hautes fonctions de l’UE. Des nominations complétées mercredi par l’élection du social-démocrate italien David Sassoli à la présidence du Parlement européen. Qui fait quoi au plus haut niveau de l’UE ?

– Von der Leyen à la Commission

L’ex-ministre allemande de la défense Ursula von der Leyen (membre de la CDU allemande-droite) va piloter la Commission européenne, l’organe exécutif de l’UE, qui détient le quasi-monopole de l’initiative législative. Elle doit ensuite veiller à la bonne application des textes et au respect des traités.

Elle a sous sa direction un collège composé de 27 commissaires (ils ne seront plus que 26 après le départ du Royaume-Uni de l’UE), un par Etat membre en plus du président.

Ce collège couvre les champs de compétence de l’UE, des affaires économiques à la justice en passant par la concurrence, l’agriculture, l’énergie ou le numérique.

Le mandat de la présidente est de cinq ans, renouvelable une fois.

– Michel, président du Conseil

Il dirige le Conseil européen, cénacle des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE chargé de définir les orientations de l’Union et de lui donner l’impulsion politique.

Le poste de président permanent existe seulement depuis 2009: il est avant tout chargé de trouver un consensus entre les Etats.

Chef d’orchestre des sommets européens (qui réunissent les dirigeants généralement à Bruxelles), il coordonne et préside les  travaux. Il représente l’UE à l’étranger avec le président de la Commission.

Son mandat est de deux ans et demi, renouvelable une fois.

– Borrell, chef de la diplomatie européenne

Le poste de « Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » a été créé il y a dix ans.

Il a pour rôle de coordonner la politique extérieure et de défense de l’UE, une tâche délicate face aux Etats membres.

Le Haut représentant est à la fois membre de la Commission européenne, dont il est vice-président, et du Conseil puisqu’il préside les réunions des ministres des Affaires étrangères et assiste aux sommets des chefs d’Etat ou de gouvernement.

Son titulaire est nommé pour cinq ans.

– Lagarde, présidente de la BCE

La présidente de la Banque centrale européenne occupera un mandat unique de huit ans, pendant lequel elle va élaborer et mettre en œuvre la politique monétaire de l’UE, en particulier les conditions de crédit qui touchent un grand nombre des 340 millions de citoyens de l’UE.

Sa présidence s’exerce tant sur le directoire de six membres de l’institut monétaire que sur le conseil des gouverneurs, élargi aux dix-neufs gouverneurs de banques centrales nationales de la zone euro.

La voix de la présidente est prépondérante au moment de décider de la montée ou la baisse des taux d’intérêt et sur d’autres outils de soutien à l’économie.

En dehors des murs de la BCE à Francfort, la présidente rend compte tous les trimestres devant le Parlement européen et prononce des discours scrutés de très près par les marchés, où de simples mots peuvent peser très lourd. Comme en juillet 2012 à Londres, lorsque le président de la BCE, Mario Draghi, a pu sauver l’euro d’un simple « quoi qu’il en coûte » entré dans l’Histoire.

– Sassoli, président du Parlement européen

C’est le social-démocrate David Sassoli, ancien journaliste de télévision, eurodéputé depuis 2009, qui a été élu président du parlement européen, pour deux ans et demi (renouvelables), soit la moitié de la législature de cinq ans.

Ce candidat surprise de 63 ans a été élu à l’issue du deuxième tour d’un vote à bulletin secret, avec 345 voix (sur 667 votes valides). Il avait pour concurrents la députée écologiste allemande Ska Keller (119 voix), l’Espagnole d’extrême gauche Sira Rego (43) et le conservateur eurosceptique tchèque Jan Zahradil (160).

Le président du Parlement européen dirige l’ensemble des travaux de cette institution, élue directement par les citoyens de l’Union depuis 1979.

Il représente le Parlement vis-à-vis du monde extérieur et dans ses relations avec les autres institutions de l’Union, siège aux séances plénières, veille au respect des procédures et signe le budget et les lois de l’UE.

Les pouvoirs de cette institution ont été progressivement renforcés, particulièrement par le traité de Lisbonne en 2009. Plus de 40 nouveaux domaines sont tombés dans le champ de la procédure dite de « codécision », qui met le Parlement sur un pied d’égalité avec le Conseil.

Cela concerne l’agriculture, la sécurité énergétique, l’immigration, la justice et les affaires intérieures, la santé et les fonds structurels.

Les députés donnent leur aval aux accords internationaux, notamment commerciaux.