L’Europe et les migrations, des chiffres pour comprendre

Bruxelles – Les migrations sont l’un des thèmes clés de la campagne des élections européennes, après avoir nourri des controverses sans fin tout au long de la législature écoulée.

Du nombre d’étrangers dans les 28 pays de l’UE à l’évolution des demandes d’asile, voici des chiffres pour éclairer le débat.

– Etrangers –

Au total, environ 7,5% des plus de 510 millions d’habitants de l’UE n’avaient pas la nationalité de leur pays de résidence au 1er janvier 2017, selon des données de l’office européen des statistiques Eurostat.

Parmi eux, 21,6 millions de personnes (4,2%) avaient la nationalité d’un pays tiers, c’est-à-dire n’appartenant pas à l’UE. Et 16,9 millions avaient la nationalité d’un autre pays de l’Union.

L’Allemagne était le pays accueillant le plus de « non-nationaux » (9,2 millions), devant le Royaume-Uni (6,1), l’Italie (5) et la France (4,6).

Proportionnellement à sa population, le Luxembourg était le pays qui comptait le plus de ressortissants étrangers (48%). Et la Pologne et la Roumanie ceux qui en comptaient le moins (0,6%).

– Titres de séjour –

Les pays de l’UE peuvent accorder des permis de résidence à des ressortissants de pays tiers pour raisons d’emploi, d’éducation ou encore dans le cadre de demandes d’asile.

3,1 millions de nouveaux permis ont été délivrés en 2017, selon Eurostat. Le nombre le plus élevé a été accordé par la Pologne (683.000), l’Allemagne (535.000), le Royaume-Uni (517.000) et la France (250.000).

En 2017, les Ukrainiens sont restés les ressortissants extracommunautaires ayant obtenu le plus de permis de séjour (662.000), devant les Syriens (223.000) et les Chinois (193.000).

– Crise migratoire –

L’UE a connu en 2015 un afflux sans précédent de migrants par la voie maritime de la Méditerranée, fuyant pour la plupart la guerre et l’insécurité.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ils ont ainsi été plus d’un million, dont plus de 850.000 via la Grèce, venant surtout de Syrie (56%), d’Afghanistan (24%) et d’Irak (10%).

Mais les arrivées dans l’UE ont ensuite diminué de manière continue. En 2016, le total a chuté à plus de 363.000 par la mer, auxquelles s’ajoutent plus de 20.000 par des routes terrestres.

Les arrivées globales dans l’UE, par les routes maritimes et terrestres, ont encore chuté en 2017 (à 187.000) et en 2018 (à 144.000), année lors de laquelle l’Espagne est devenue la principale porte d’entrée (65.000 arrivées).

Pour 2019, l’OIM a comptabilisé environ 18.000 arrivées dans l’UE de janvier à la mi-avril.

– Demandes d’asile –

Les pays de l’UE ont enregistré 580.800 nouvelles demandes d’asile en 2018, ce qui représente moins de la moitié du « pic » historique de 2015 (1,26 million). Les Syriens (80.900) sont restés largement les plus nombreux parmi ceux qui ont déposé une première demande, selon Eurostat.

Les Afghans (41.000) et les Irakiens (39.600) sont respectivement en deuxième et troisième positions, devant les Pakistanais, les Iraniens, les Nigérians et les Turcs.

En France, les principaux demandeurs en 2018 ont été les Afghans, devant les Albanais et les Géorgiens.

Après le record de 2015, le nombre des premières demandes d’asile dans l’UE s’était maintenu à un niveau comparable en 2016 (près de 1,2 million), avant de commencer à chuter sensiblement à partir de 2017.

– Asile accordé –

Les demandes sont loin de toutes aboutir à une réponse positive.

En 2018, les pays de l’UE ont accordé une protection à environ 333.000 demandeurs d’asile, selon Eurostat. C’est 40% de moins qu’en 2017, quand les décisions positives avaient déjà chuté de 25% par rapport à 2016.

Les principaux bénéficiaires sont restés en 2018 les Syriens (29% du total), devant les Afghans (16%) et les Irakiens (7%). Et les pays ayant accordé le plus de statuts protecteurs, dont celui de « réfugié », ont été l’Allemagne (139.600), l’Italie (47.900) et la France (41.400).

Les « taux de reconnaissance », c’est-à-dire les réponses positives aux demandes d’asile, varient fortement selon la nationalité.

Une large majorité des Syriens (88%) et des Erythréens (83%) demandeurs ont ainsi obtenu un statut protecteur en première instance en 2018. C’est plus que les Afghans (46%) et les Irakiens (42%) et beaucoup plus par exemple que les Maliens (27%), les Sénégalais (20%) ou les Albanais (5%).

Par Cédric Simon