Les propositions du Royaume-Uni sur l’après Brexit

Londres – Vaste accord commercial avec l’UE, refus d’une frontière « dure » entre l’Irlande et l’Irlande du Nord mais aussi sacrifices réciproques: voici les principaux points des propositions sur l’après Brexit de la Première ministre britannique Theresa May vendredi.

Commerce: ambitions et sacrifices

Theresa May a plaidé pour l' »accord le plus large possible », « couvrant plus de secteurs et avec davantage de coopération que n’importe quel accord de libre-échange dans le monde aujourd’hui ».

Cet accord, a-t-elle souligné, ne saurait cloner celui signé entre l’UE et le Canada, ou suivre le modèle de la Norvège, membre du marché unique sans faire partie des 27.

Alors que le Royaume-Uni sortira du marché unique comme de l’union douanière, Theresa May a proposé de mettre en œuvre « une série de mesures visant à réduire au minimum les frictions commerciales ».

Mais, a-t-elle aussi souligné, « c’est une négociation », et « aucun d’entre nous n’aura exactement ce qu’il veut ».

« Nous quittons le marché unique. La vie va être différente. D’une certaine manière, nos accès à nos marchés réciproques seront différents de ce qu’ils sont maintenant », a-t-elle déclaré, parlant des « dures réalités » inhérentes au Brexit.

Irlande: pas de frontière « dure »

Theresa May a reconnu que le Brexit constituait « un défi » pour la République d’Irlande et sa voisine, la province britannique d’Irlande du Nord, et pour les accords de paix du Vendredi saint qui ont mis fin à des années de trouble dans la région.

Pour ces raisons, « nous ne voulons pas retourner à une frontière dure en Irlande », a-t-elle dit, insistant: « nous avons exclu toute infrastructure physique à la frontière », avant d’évoquer des solutions « technologiques ».

« Nous avons choisi de partir, nous avons la responsabilité d’aider à trouver une solution. Mais nous ne pouvons pas le faire seuls. Nous devons travailler ensemble », a-t-elle dit à l’endroit des Européens.

Pas question pour autant d’accepter une solution proposée par la Commission qui conservait la place de l’Irlande du Nord dans le marché unique, avec un régime donc différent du reste du Royaume-Uni. « Je ne permettrai rien qui puisse porter atteinte à l’intégrité de notre précieuse union », a-t-elle affirmé.

Adieu passeport financier

Véritable sésame permettant à la City de proposer ses services financiers sur l’ensemble du continent depuis le Royaume-Uni, le passeport financier ne fera pas partie du voyage Brexit, a souligné la cheffe de l’exécutif britannique: « nous ne cherchons pas (à obtenir) le passeport ».

C’est au ministre des Finances, Philip Hammond, un proche des milieux d’affaires, que reviendra la tâche d’élaborer des solutions, dès la semaine prochaine, pour les entreprises financières installés dans le pays, a ajouté Mme May.

Mécanisme d’arbitrage indépendant

En quittant l’UE, les juridictions britanniques retrouveront leur primauté, a souligné Theresa May. « Mais, le cas échéant, nos tribunaux continueront d’examiner les arrêts de la  Cour de justice de l’Union européenne ».

Exemple: s’il continue à participer à une des agences de l’UE, le Royaume-Uni devra « respecter l’autorité de la CJUE à cet égard », a-t-elle dit.

A l’avenir Londres et Bruxelles auront « besoin d’un mécanisme d’arbitrage complètement indépendant », qui permettra que « tout désaccord » puisse « être réglé équitablement et rapidement ».

Garder un pied dans les agences européennes

Partie prenante, en tant que membre de l’UE, de différentes agences de l’union, le Royaume-Uni souhaite « explorer » les pistes qui lui permettraient de continuer à y jouer un rôle après le Brexit, a dit Theresa May.

La Première ministre a cité l’Agence européenne des médicaments, l’Agence européenne des produits chimiques et l’Agence européenne de la sécurité aérienne.

« Nous accepterions, bien entendu, que cela signifie de respecter les règles de ces agences et d’apporter une contribution financière », a-t-elle déclaré.