L’Albanie juge son adhésion à l’UE « vitale » pour l’Europe

Paris – Le Premier ministre albanais Edi Rama a jugé « vitale » pour les Balkans et pour l’Europe l’adhésion à l’Union européenne, un facteur de « paix » et de « stabilité » dans une région qui « ne veut pas » revoir le spectre de la guerre.

« C’est dans l’intérêt de l’Europe que les Balkans la rejoignent; c’est vital pour les Balkans et c’est vital pour l’Europe; c’est de l’aveuglement de ne pas le voir », a déclaré M. Rama lors d’un entretien avec l’AFP le 29 mai lors d’un déplacement à Paris.

Membre de l’Otan depuis 2009, l’Albanie souhaite ouvrir cette année des négociations d’adhésion à l’Union européenne (UE).

« Nous sommes un pays comprenant des musulmans et des chrétiens, mais notre foi est en l’Europe: nous croyons très fort en l’Europe comme un facteur de paix, de stabilité, de co-existence amicale et de coopération entre les pays de la région », a-t-il poursuivi.

« Peut-être que les gens en Europe ont oublié, que pour eux la guerre est juste un programme en noir et blanc sur Netflix, mais nous, nous l’avons vécue et c’est quelque chose que nous ne voulons pas voir se répéter », a-t-il lancé en référence à la guerre au Kosovo (1998-1999).

Ultime conflit des années 1990 dans l’ex-Yougoslavie, cette guerre entre forces serbes et indépendantistes kosovars albanais avait fait plus de 13.000 morts.

La Commission européenne a annoncé mi avril avoir proposé aux Etats membres de l’UE d’ouvrir les négociations pour une adhésion de l’Albanie et de la Macédoine, et ce malgré les réticences de certains pays, la France notamment. M. Rama avait alors salué une décision prenant acte des efforts de réformes dans son pays, notamment dans la lutte contre le crime organisé et la corruption.

« Il n’arrivera rien à la France, à l’Allemagne ou à l’ensemble de l’Union européenne si nous entamons des négociations pour l’adhésion (…) L’Albanie n’est pas une menace ! », a lancé à Paris M. Rama.

« Au contraire, on renforcera notre état de droit, nos institutions et nous serons un meilleur endroit pour vivre », a-t-il plaidé, ajoutant: « Il ne s’agit pas de quémander le moindre centime à l’Union européenne mais d’essayer d’obtenir des recommandations pour des réformes ».

« Nous avons accompli tout ce que nous devions accomplir pour l’ouverture des négociations, et tout le monde s’accorde sur le fait que l’Albanie en a fait plus que tout autre pays pour se préparer à ces négociations, nous le méritons et je ne comprends pas les réticences à ce propos », a-t-il martelé.

Selon des estimations de chancelleries occidentales, le trafic de cannabis représenterait jusqu’à un tiers du Produit intérieur brut de l’Albanie.

Les Etats-Unis et l’Union européenne exigent épisodiquement des progrès de l’Albanie dans sa lutte contre le trafic de stupéfiants et la corruption. L’Albanie assure avoir remporté ces derniers mois d’importants succès contre les trafiquants.