Il n’y a plus de navires d’ONG au large de la Libye

Rome – L’interdiction faite le 1er février au Sea-Watch 3 de quitter le port de Catane, s’inscrit dans une longue liste d’obstacles imposés aux ONG engagées au large de la Libye, où il ne reste actuellement plus que les garde-côtes libyens pour le secours en mer.

– Ils ont renoncé

Les principales ONG engagées ont suspendu leurs activités à la fin de l’été 2017, face à la chute des départs de Libye et à une intensification des menaces des garde-côtes libyens, qui considèrent les ONG comme complices des passeurs.

L’ONG maltaise Moas, la première à s’engager dans les opérations de secours en 2014 et qui a compté jusqu’à deux navires dans la zone, a transféré ses activités auprès des Rohingyas au Bangladesh.

Dans le même temps, Médecins sans frontières (MSF) a mis fin aux activités du Vos Prudence, le plus gros navire humanitaire privé actif au large de la Libye avec un record de 1.500 personnes secourues en même temps, et Save the Children a fait de même avec le Vos Hestia.

– Ils sont bloqués

Début août 2017, la justice italienne a saisi le Juventa de la petite ONG allemande Jugend Rettet, accusée de complicité avec les passeurs libyens mais qui clame depuis son innocence, analyse des éléments à charge à l’appui.

Depuis un débarquement en juin 2018 à Malte, le Lifeline de l’ONG allemande éponyme est bloqué au port de La Valette, où les autorités contestent sa situation administrative.

En décembre, les ONG SOS Méditerranée et MSF ont mis fin aux activités de l’Aquarius, devenu en juin le symbole de la crise politique autour des migrants et progressivement privé de pavillon.

En janvier, l’ONG espagnole Proactiva Open Arms a dénoncé une décision des autorités espagnoles de bloquer l’Open Arms à Barcelone. Au printemps 2018, ce navire a été placé un mois sous séquestre en Italie avant d’être autorisé à repartir. Il a ensuite dû plusieurs fois aller jusqu’en Espagne pour débarquer des migrants secourus au large de la Libye mais refusés par Malte ou l’Italie.

Le Sea-Watch est désormais bloqué depuis vendredi sur décision des garde-côtes italiens, dans le port sicilien de Catane.

– Ils résistent

L’ONG allemande Sea Eye, dont plusieurs navires ont subi des blocages administratifs en 2018, est repartie en décembre avec un nouveau bateau, le Professor Albrecht Penck, qui a secouru 12 migrants. Le navire est actuellement à Majorque et prévoit de repartir dans deux semaines.

Parallèlement, SOS Méditerranée a déjà annoncé chercher un nouveau bateau et un nouveau pavillon pour poursuivre ses activités.

En Italie, un collectif d’associations a lancé le Mediterranea, un navire battant pavillon italien qui entend avant tout témoigner de la situation en mer.

Dans les airs, les petits avions Colibri de l’ONG française Pilotes volontaires et Moonbird de Sea-Watch mènent régulièrement des patrouilles pour tenter de repérer les embarcations en difficulté.