Grèce: le Parlement adopte une loi sur les demandeurs d’asile contre l’avis des ONG

Athènes – Le Parlement grec a adopté dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre un projet de loi durcissant la législation sur les demandeurs d’asile malgré les critiques émises par le Conseil de l’Europe et de nombreuses ONG, dont Amnesty International.

Le texte a été voté sur le principe par la majorité gouvernementale de la droite Nouvelle-Démocratie, les partis d’opposition de gauche ayant dénoncé les dispositions qui rendent plus difficile l’octroi d’asile en Grèce.

Faisant face à la montée du nombre des migrants et réfugiés ces derniers mois, le gouvernement de droite de Kyriakos Mitsotakis au pouvoir depuis juillet, a annoncé le durcissement de la procédure de l’octroi l’asile.

Le Premier ministre a réaffirmé, à la tribune du Parlement jeudi soir, sa volonté de « distinguer les réfugiés des immigrés ».

« Cette loi sur l’asile envoie un message clair: ceux qui savent qu’ils ne peuvent pas obtenir l’asile et entreprendront de venir pour rester dans notre pays, seront renvoyés dans leur pays et perdront l’argent investi dans leur voyage », a-t-il souligné.

La loi réduit les possibilités de faire appel à la suite d’un refus d’asile, prolonge la durée possible de rétention des demandeurs d’asile, limite le concept de « vulnérabilité » (comme la clause du stress post-traumatique) qui rend plus facile l’octroi d’asile, et élargit la liste des pays tiers jugés « sûrs » pour y expulser des migrants, ont dénoncé de nombreuses ONG de défense des droits de l’homme.

La Grèce est redevenue en 2019 la principale porte d’entrée des demandeurs d’asile en Europe, un problème qui a pris de court le gouvernement.

Ce dernier plaide pour le renforcement des contrôles frontaliers de façon à garantir « la sécurité » du pays tout en accusant le précédent gouvernement de gauche d’Alexis Tsipras de « laxisme » sur la question

Le Conseil de l’Europe s’est dit particulièrement inquiet jeudi quant à certaines dispositions de la nouvelle loi.

La commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe Dunja Mijatovic a mis en garde contre l’extension de la durée de détention des demandeurs d’asile et souligné le risque d’une évaluation « superficielle » des demandes d’asile par les autorités grecques, ce qui compromettrait les droits des migrants et réfugiés.