Grande-Bretagne: le pouvoir d’achat et l’emploi affaiblis sur fond de Brexit

Londres – Les salariés britanniques ont vu leur pouvoir d’achat encore s’éroder ces derniers mois, d’après des chiffres officiels qui font état aussi d’une légère faiblesse du marché de l’emploi sur fond d’incertitudes liées au Brexit.

L’Office des statistiques nationales (ONS) a annoncé le 13 décembre que les salaires (primes comprises) avaient augmenté de 2,5% lors de la période d’août à octobre sur un an. C’est certes mieux que lors des mois précédents, mais cela reste inférieur à l’inflation, si bien que les salaires réels des Britanniques se sont effrités de 0,2% sur un an.

L’ONS a mis en avant qu’il s’agissait du huitième mois consécutif de repli des salaires réels, amputés par l’accélération de l’inflation dopée par la dépréciation de la livre sterling, elle-même consécutive à la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne.

Les cambistes tablent sur de moins bonnes perspectives économiques pour le pays hors de l’UE, et l’une des conséquences de la baisse de la livre est de renchérir les produits importés, notamment alimentaires.

L’inflation, qui avait atteint 3,0% sur un an en septembre et en octobre, a même encore accéléré à 3,1% en novembre, d’après des données publiées mardi par l’ONS. Ceci a constitué un nouveau coup dur pour les ménages britanniques à l’approche des fêtes de Noël, notamment pour les familles les plus modestes.

Malgré un taux de chômage de 4,3% remarquable et toujours au plus bas depuis 1975, le marché du travail semble en outre montrer lui aussi quelques signes de fatigue,

D’après l’ONS, le nombre de personnes employées a en effet baissé de 56.000 entre les périodes de mai à juillet et d’août à octobre, avec 32,08 millions de personnes.

« Cette deuxième baisse consécutive de l’emploi laisse penser que la croissance économique morne et les incertitudes liées au Brexit pèsent sur le marché du travail qui a connu de belles performances en 2017 », a noté Howard Archer, économiste chez EY ITEM Club.

Nombre d’économistes prévoient néanmoins que le pouvoir d’achat pourrait quelque peu rebondir l’an prochain, à mesure que l’effet négatif de la livre faible s’estompera.