Cinq choses à savoir sur la Moldavie

Chisinau – Ancienne république soviétique nichée entre l’Ukraine et la Roumanie, la Moldavie est connue pour son industrie viticole mais aussi la pauvreté de sa population et le conflit gelé en Transnistrie.

– Entre Russie et Europe

Suivre la vie politique moldave est une affaire compliquée. Le président Igor Dodon souhaite des liens plus resserrés avec Moscou mais certains membres du gouvernement, de même que le Parlement, désirent se rapprocher de l’Union européenne, avec laquelle la Moldavie a signé un accord d’association.

Cette dualité reflète l’histoire complexe de la Moldavie: elle a longtemps fait partie de l’Empire ottoman, puis a été occupée par la Russie avant d’être intégrée à la Roumanie puis de devenir, en 1940, la République soviétique de Moldavie. La Moldavie est finalement devenue indépendante à la chute de l’URSS, en 1991.

La langue officielle est le roumain mais le russe reste très parlé. Selon le ministère russe de l’Intérieur, plus de 400.000 moldaves (pour 3,3 millions d’habitants) sont entrés dans le territoire russe l’an dernier.

– L’un des pays les plus pauvres d’Europe

La Moldavie est souvent décrite comme le pays le plus pauvre d’Europe, même si selon le dernier classement du Fonds monétaire international (FMI), ce triste trophée est revenu de peu en 2018 à l’Ukraine. Selon la Banque mondiale, la Moldavie avait l’an passé un PIB par habitant de 2.692 dollars, le quart de la Roumanie voisine et 15 fois moins que la France.

Privé de ressources naturelles, le pays dépend beaucoup de sa diaspora pour subsister. Mais cette diaspora, si elle permet des transferts d’argent conséquents, a aussi fait chuter drastiquement le taux de population en âge de travailler. Selon les Nations Unies, la Moldavie détient le plus bas taux d’emploi d’Europe.

– Du vin, peu de touristes

Le climat moldave et ses 300 jours d’ensoleillement par an est idéal pour les vignes, faisant de la viticulture un secteur économique important. Quelque 85% de la production est exporté, essentiellement en Pologne, en Roumanie, en République tchèque, en Russie et en Chine selon le gouvernement moldave.

Au gré des tensions diplomatiques, la Russie a régulièrement interdit les importations de vin moldave sur son territoire. La Moldavie tente aujourd’hui d’utiliser le vin pour développer le tourisme, une industrie embryonnaire: seuls 145.000 visiteurs ont séjourné au moins une nuit en 2017, selon l’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies.

– Région séparatiste

A peine 200 kilomètres de long, rarement plus de 20 km de large: la Transnistrie est un confetti et pourtant, cette république séparatiste a sa propre monnaie (le rouble transnistrien) et édite ses propres timbres.

Cette région russophone a fait sécession à l’indépendance de la Moldavie, à l’issue d’une brève guerre. Jamais reconnue par la communauté internationale, la Transnistrie peut toutefois compter sur l’aide de la Russie, qui y stationne en permanence une garnison militaire et permet de peser de tout son poids sur la Moldavie.

– Une inspiration pour Hergé

Le fait d’être un des pays les plus méconnus d’Europe peut inspirer les artistes. Hergé a utilisé la Moldavie comme modèle pour créer la Syldavie, petite monarchie d’Europe de l’Est visitée par Tintin.

Quelques décennies plus tard, un groupe d’auteurs australiens a publié un guide touristique au ton mordant sur un pays imaginaire appelé « Molvanie », largement inspiré des clichés occidentaux sur les pays d’Europe de l’Est.