Bosnie: les partis nationalistes premières forces aux élections

Sarajevo – Les partis nationalistes bosniaque, serbe et croate sont les premières forces sorties des élections générales du 7 octobre en Bosnie dans les différents parlements de ce pays doté d’institutions complexes.

Le SNSD (Serbes), le SDA (Bosniaques) et le HDZ (Croates), les principales forces politiques des trois communautés, occuperont le plus grand nombre de sièges au Parlement central bosnien, une assemblée qui compte au total 42 députés, selon les résultats presque complets publiés le 9 octobre par la commission électorale et portant sur plus de 80% des bulletins dépouillés.

Ces résultats confirment également la victoire à la présidence tripartite du pays du Serbe Milorad Dodik (SNSD), du Bosniaque Sefik Dzaferovic (SDA) et du Croate Zeljko Komsic, chef d’une formation sociale-démocrate (DF) qui a battu le patron du parti nationaliste HDZ, Dragan Covic.

D’après les premières déclarations de leurs leaders, le SDA, le SNSD et le HDZ pourraient tenter de former le nouveau gouvernement central dans lequel les trois communautés doivent être représentées. Ils devront toutefois chercher le soutien d’autres partis.

Les accords de paix de Dayton, qui avaient mis fin au conflit intercommunautaire de 1992-95 (100.000 morts), ont consacré la division de la Bosnie en deux entités, une serbe (la Republika Srpska) et l’autre croato-bosniaque, reliées par un faible gouvernement central.

Les Bosniaques (musulmans) représentent 50% des 3,5 millions d’habitants, pour un tiers (31%) de Serbes (orthodoxes) et 15% de Croates (catholiques).

Le SNSD est par ailleurs arrivé largement en tête au parlement de la Republika Srpska (32%). Avec ses partenaires habituels, la formation de Milorad Dodik, patron de l’entité serbe depuis 2006, pourra facilement former le prochain gouvernement de cette entité.

Dans l’entité croato-bosniaque, le SDA (26%) et le HDZ (15%) vont probablement essayer de former le gouvernement dans cette autre moitié du pays.

Selon l’analyste Zarko Papic, ces résultats n’annoncent « aucun changement sérieux » dans ce pays divisé, l’un des plus pauvres d’Europe.

« Avec ce pouvoir, nous allons assister de nouveau à une sérieuse crise économique et sociale (…) On ne peut s’attendre à aucun progrès », estime-t-il.

Victime de permanentes querelles intercommunautaires, la Bosnie s’est retrouvée au cours des dernières années à la traîne de tous les autres pays des Balkans dans le processus de rapprochement de l’Union européenne.